Voilà, je suis rentrée du Tour de France 2016 après plus de trois semaines très intenses… le retour est très compliqué, physiquement (épuisement) et moralement (le vide)… Ce Tour a été très particulier, j’ai vécu de merveilleux moments tout au long de ces trois semaines ! Et histoire de vous donner un petit aperçu de ce qui a fait de ce Tour une édition unique, je vais vous livrer cinq articles sur mon aventure. Une petite anecdote, une personne rencontrée, ou bien les émotions ressenties à certains moments… Et je vais commencer par mon plus beau moment d’émotion !! (Non, il n’est même pas question de Sagan ici !!)

Les paysages, le rythme, les chutes… l’étape numéro 19 entre Albertville et Saint-Gervais Mont Blanc a tenu toutes ses promesses… si les étapes précédentes nous avaient habituées à un grand soleil, celle-ci nous livra de belles averses. Devant l’écran, je regarde l’échappée Rolland/Costa qui pourrait bien aller au bout et commence à rêver d’une victoire française ! Certains m’avaient pourtant prévenue « c’est trop tard, des victoires françaises, il n’y en aura plus ! » de tous les Tour que j’ai suivi, sur place en devant la télé, je n’en ai pas connu un seul sans victoire français… et ça me rend triste ! Alors je commence à stresser là devant l’écran !! les gens autour de moi y veulent y croire aussi, je le sens, je l’entends… les deux coureurs se lancent dans la descente, et je sais que Rolland s’est nettement amélioré dans cette discipline, je crois les doigts et j’y crois dur comme fer !!

Mais j’avais oublié une chose : le vélo est un sport cruel. Il fait très beau depuis des jours, voire des semaines et les orages qui s’abattent sur la route sèche et poussiéreuse la rendent ultra glissante; le fameux « verglas d’été ». Tout à coup, tous le monde crie autour de moi… Rolland est dans le décor ! Il a glissé dans un virage… très mauvaise chute d’ailleurs, les images laissent imaginer la douleur ! il mettra quelques temps à se relever et à remonter sur son vélo… la tête dans ses mains, on ressent vivement la déception qu’il ressent, et la nôtre est toute aussi vive. Notre espoir de victoire française vient de se casser la figure avec lui !!

Le reste de l’étape se passe non sans douleur. Rolland ne sera pas la seule victime de la patinoire qu’est devenue la route, Froome, et Nibali deux anciens vainqueurs du Tour se retrouvent eux aussi à glisser sur le bitume…les bandes blanches deviennent une hantise pour tous, coureurs, motards et spectateurs !!

Le public est très nombreux à l’arrivée à Saint-Gervais, les parapluie et poncho/sacs poubelles sont sortis. A chaque chute visible à l’écran, ça s’agite autour de moi, on est tous stupéfaits et on commence à avoir hâte qu’ils arrivent tous à la fin de cette fichue étape toboggan. Pendant ce temps, Rui Costa est toujours devant, seul et file vers la victoire.

Puis un moment de flottement, lors de la chute de Froome, et Mickael Chérel notre manchois, avec dans sa roue, son leader Bardet commencent à prendre de l’avance. Il reste une ascension et derrière eux c’est compliqué; le peloton perd beaucoup de monde, les chutes désorganisent… Notre espoir de victoire française renaît !! La dernière ascension est longue et le stress est intense pendant de longue minute. Je suis positionnée à 250m de l’arrivée. Romain passe devant moi sur son vélo. Depuis quelques km déjà on a compris qu’il ne serait pas repris, mais là c’est concret !! il est seul, il passe devant nous seul, le sourire aux lèvres. Il sait qu’il a gagné et nous aussi, le public hurle, tout le monde, tous les français sont heureux. La victoire française est enfin là!!

Finalement, cette étape, on l’adore…

Bardet-Cherel

bardet