Ce 14 juillet 2016, marqué par son actualité déchirante restera le jour cauchemar de ce Tour 2016. Au-delà d’une soirée mortelle sur la promenade de Nice dont je n’apprendrai la nouvelle que le lendemain, ce 14 juillet cycliste, journée du Mont Ventoux, n’aura pas égayé les cœurs.

13juillet au soir, une décision est prise : l’étape du lendemain, arrivée au sommet du Ventoux n’ira pas au bout, elle sera raccourcie de 6 kilomètres et l’arrivée sera jugée au Chalet Reynard pour cause de rafales de vent annoncées.

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crédit: A.S.O. – Beardy Mcbeard

La nouvelle tombe, c’est vrai qu’on est un peu scotchés, mais vu le vent qu’on se prend depuis quelques jours sur les routes du Tour, c’est pas étonnant ! Le Ventoux est connu pour son exposition au vent dans ses derniers kilomètres… alors déjà là le vent qu’on avait, là bas, je n’ose même pas imaginer ! Cela semble la décision la plus sage ! mais alors…

Le Géant de Provence prend alors un nouveau surnom, le Monstre Ventoux. Comme un monstre qui s‘éveille après plusieurs années de repos. Là haut, c’est le branle bas de combat. Il faut rapatrier les structures d’arrivée, il faut déloger les gens déjà installés, il faut gérer les échauffements, et puis les collectivités de l’arrivée ne sont pas ravies, tout doit se réorganiser en moins de 24h.

Impossible de s’imaginer le 14 au matin la galère que sera cette journée. Mais cela commence déjà plusieurs heures avant l’arrivée, lors de l’ascension en voiture pour rejoindre l’arrivée et nos élus… Imaginez la foule dans le Ventoux, une foule qui aurait du s’étaler sur 21km et qui se retrouve condensée sur 15, des cyclistes, des enfants, des bourrés, des passionnés… ils se sont tous donné rdv ce 14 juillet sur les pentes d’une des plus belles ascensions du monde, le Mont Ventoux, cette merveille… ce cauchemar… Ils sont tous là, au milieu de la route, rien ne leur gâchera la fête. L’ascension en voiture est insupportable et durera 1h30. Puis l’arrivée au sommet, le vent est là, il fait un froid que je n’ai pas connu depuis des semaines, du vent, tellement de vent quelques centaines de mètres au dessus du Chalet Reynard. Les équipes de l’arrivée sont tendues, elles ont peu dormi, elles sont stressés et fatiguées. Les moments complices des jours précédents ne seront pas ce jour-là… Trop compliqué pour tout le monde !

Les abris sont rares pour se mettre au chaud. On regarde la télé sur l’écran du podium protocolaire, les coureurs sont dans l’ascension et sont presque avrrivés. La ferveur est belle sur ce Géant qui devait tenir toutes ses promesses, et puis, la panique, tout le monde se regarde effaré, cette image, on l’a tous vue mais personne ne la comprend : Chris Froome, sans vélo, remontant en courant les pentes du Ventoux. Le Monstre a encore frappé ! Quelle journée !

Nous repartirons sans maillot jaune signé, Chris Frome n’avait pas le cœur à ça, on peut le comprendre. L’évacuation générale se fait par le sommet. On n’imagine pas six kilomètres plus loin, la puissance d’un vent qui rafle tout sur son passage. Les Gardes Républicains sur leurs motos font des sauts de cabri, les quelques fous du public qui repartent par le sommet avec leur vélo s’accroupissent à coté tentant de s’en servir d’abri. On me racontera qu’une caravane était couchée sur le flan au bord de la route. les cailloux volent dans tous les sens… Les mains cramponnées au volant mon cœur s’affole, les conditions sont terribles pour rouler et j’ai peur pour les usagers de leurs deux roues qui s’exposent à des conditions catastrophiques.

Et puis enfin le retour à l’hôtel… décidément cette journée ne pouvait pas être plus terrible… enfin c’était ce que je pensais avant les attentas de Nice. Finalement, cette journée sur le Monstre, ne sera jamais plus terrible que cette soirée sur la Promenade.

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