Il y a plus d’un mois de ça j’ai été contactée par un journaliste de la Presse de la Manche pour parler de mon expérience sur le Tour de France. Son article est sorti il y a exactement un mois. Ce soir, je vous le fais partager !

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Retranscrit ci-après

Fantine Georges, 26 ans, vient d’achever son travail d’un an et demi à Saint-Lô au sein de l’association Grand Départ, pour préparer la venue du Tour de France 2016. Elle a eu la chance d’être au cœur de l’événement.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Je suis originaire de Lorraine et je suis passionnée de cyclisme depuis six ou sept ans grâce à des amis rencontrés à Lille. Je faisais surtout du cyclotourisme, mais je me suis mise aussi au triathlon en arrivant à Saint-Lô début 2015. J’ai suivi des études en commerce international et en marketing orienté vers le sport. En 2012, j’ai eu l’opportunité de participer à mon premier Tour dans la caravane, comme hôtesse pour PMU. Pour un job d’été, c’est super bien payé et c’était une belle expérience. Mais ce n’est pas facile d’y entrer. Je me suis dit que je voulais rester dans le Tour de France. J’ai effectué mon stage de fin d’études de mars à septembre 2014 à Paris chez ASO comme assistante relations avec les collectivités. Je m’occupais de toutes les villes étapes : accréditations, accompagnement, réponses aux questions…

A cette époque, la Manche apprend qu’elle se verra confier le Grand Départ tant rêvé.

Oui, ma responsable de stage a proposé ma candidature au conseil départemental et j’ai contribué à la création de l’association Grand Départ début 2015. On a commencé à deux salariés avec le directeur de projet, Paul-Vincent Marchand, et on a fini à quinze avec une équipe jeune et dynamique! C’était une mission vraiment passionnante pendant un an et demi. Par rapport à mon travail chez ASO, j’étais de l’autre côté de la barrière donc je pouvais parfois anticiper les choses.

Comment êtes-vous parvenue à pénétrer au coeur de l’événement ?

Un mois et demi avant, mon ancienne responsable de stage – avec qui j’avais travaillé sur le Tour 2014 – m’a recontactée car elle cherchait quelqu’un pour l’accompagner. J’ai accepté car on ne peut pas refuser le Tour ! A partir de la quatrième étape, je conduisais la voiture, on partait avant la course. Une fois sur place, on s’occupait des élus locaux, on leur expliquait comment se déroulait le protocole, on les accompagnait jusqu’au podium. On rencontrait aussi nos équipes d’ASO, on visitait les installations. Et puis, à l’arrivée des coureurs, j’avais un travail sympa à faire : il fallait que j’aille voir le vainqueur d’étape, le plus combatif, et les porteurs des maillots distinctifs (jaune, vert, blanc, à pois) pour leur faire signer des maillots à offrir aux maires et aux présidents de communautés de communes. C’était vraiment génial d’être au plus près des coureurs, d’être dans une zone où peu de monde peut aller. J’y croisais Gérard Holtz, Laurent Jalabert… Je me sentais privilégiée.

Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

Ça m’a permis de prolonger la magie de l’événement. J’adore le Tour de France car c’est un spectacle gratuit, qui mobilise tout le monde. Mon meilleur souvenir, c’est quand j’ai fait signer le maillot jaune à Peter Sagan. Il est spécial, il est tout le temps drôle, accessible. Il est différent des autres et ne se prend pas la tête. Autre énorme souvenir : la victoire de Romain Bardet. J’ai eu le temps de regarder l’étape, qui nous a tenus en haleine. Et j’ai assisté à l’énorme émotion de toute l’équipe AG2R, avec notamment le Manchois Mikaël Chérel. Chez ASO aussi on est un peu chauvins, c’était un vraiment un grand moment à vivre à l’arrivée.

Et le pire moment ?

Sans hésiter le Mont Ventoux, sur l’étape raccourcie de quelques kilomètres à cause du vent, une décision prise la veille au soir. On a mis près de deux heures à monter en voiture car il y avait des milliers de personnes sur la route : piétons, poussettes, vélos… Il fallait tout le temps klaxonner pour que les gens s’écartent. A l’arrivée au chalet Reynard, il y avait beaucoup de tension, tout le monde était stressé et fatigué. Et puis Froome qui tombe contre une moto et qui se met à courir. Ce jour-là il n’a pas voulu signer les maillots, il était vraiment en colère et très perturbé à l’arrivée. Puis vers 19h, il a fallu évacuer les lieux en passant par le sommet. Des motards de la Garde républicaine devant nous ont dû s’arrêter tellement c’était dangereux de rouler avec le vent ! Je me suis fait vraiment peur, des cailloux volaient de partout. Et puis, c’était le 14 juillet. Le soir, on apprenait pour l’attentat de Nice… Oui ce fut vraiment une dure journée.

Vous étiez au sein d’ASO pendant trois semaines, quelles ont été les impressions laissées par le Départ dans la Manche ?

Ils ont parlé du Grand Départ pendant toute la durée du Tour ! En disant qu’on avait réalisé un énorme travail, que les communes avaient été très bien décorées, qu’il y avait eu du monde au bord des routes et une grande ferveur. Ils ont été impressionnés. Le sympathique directeur Christian Prudhomme y compris, par la mobilisation de tour notre territoire.

Allez-vous rester dans le monde du cyclisme ?

En ce moment je déménage et je vais chercher du boulot. Je rêve de travailler pour une équipe cycliste professionnelle, en tant que chargée de communication. En tout cas, je n’ai pas prévu d’arrêter de faire le Tour de France.

Propos recueillis pas Nicolas LEPIGEON